Un oiseau picore la chair de mes mains. Je saigne et, bizarrement, je n’ai pas mal. Que sais-tu de moi, oiseau ? Tu me regardes, et dans tes yeux des nuages passent.
Pourquoi ne t’en vas-tu pas, oiseau ? C’est si facile d’ouvrir les ailes à la Liberté. J’aimerais tant moi aussi pouvoir voler. J’ouvre grand mes bras au ciel, et le souffle du vent traverse mon corps, je suis éternelle, suspendue aux rayons du soleil.
Tu nettoies, lisse tes plumes, tu fais ta toilette, posé sur ma main saignante, et tu lèves lentement ta tête vers le ciel, puis tu me regardes une nouvelle fois, et je vois dans tes yeux, tragiquement, un mal de ciel qui ressemble à mon mal de vivre, et tu ne sais pas, et tu ne sais plus ou aller avec ton mal sur le dos.
Tu ne sais pas comment mourir.
Picore, oiseau, la chair de mon cœur, et je t’aiderai à te tordre le cou.