"Liberté pour la vérité, laissez la courir
et sans chaîne, sur le papier semer ses graines".
Voilà les mots qu’il écrivait
Vous ne pourrez jamais les lire
On l’a effeuillé page à page
On lui a fait son moyen age
On l’a brûlé avec ses livres
On l’a brûlé avec ses livres…
Il dérangeait dans trop de phrases
Ces messieurs du gouvernement
Chez lui on a fait table rase
Et le papier demeure blanc.
Celui-là on l’a crucifié
A la table ou il écrivait
On a cloué ses mains avant
Qu’il n'écrive des mots trop grands
Qu’il n’écrive des mots trop grands…
Lui, la tête sous la censure
Et le couteau dans la blessure
Il a écrit jusqu'à la fin
Avec les ongles, à deux mains.
Il écrivait des mots bizarres
Amour, Justice, Liberté
Ils sont venus, on a trouvé
Du sang mêlé à l’encre noire
Du sang mêle à l’encre noire…
Il y a laissé sa chemise
Il en est mort, qu’on se le dise…
C’est ce qui arrive aux apôtres
Aux poètes et à tous les autres.
Frédérico Garcia Lorca
Hier, en Espagne, ce fut toi.
Depuis ce temps là, c’est étrange
Il y a du sang dans les oranges.
Il y a du sang dans les oranges.
Poème de Marc Meryl