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ECRITAVIE
Marguerite
Duras, (pseudonyme de Marguerite Donnadieu) est née à Gia-Dinh, près de Saïgon en Indochine, en 1914. Ses parents étaient des enseignants partis vivre dans les Colonies
françaises.
Marguerite est élevée en pension à Saïgon avant de rentrer en France; en 1932, elle se fixe à Paris et entreprend des études de droit, de mathématiques et de Sciences politiques.
Son premier roman Les Impudents est publié en 1943.
Elle épouse Robert Antelme en 1939, puis rencontre en 1942 Dyonis Mascolo, dont elle aura un fils, Jean.
Elle a remporté le prix Goncourt pour son roman L'Amant.
Elle meurt en 1996, à Paris, à l'âge de quatre-vingt-un ans.
ECRIRE
<< Il faut toujours une séparation d'avec les autres gens autour de la personne qui écrit les livres. C'est une solitude essentielle. C'est la solitude de l'auteur, celle de l'écrit. Pour débuter la chose, on se demande ce que c'était ce silence autour de soi. Et pratiquement à chaque pas que l'on fait dans une maison et à toute les heures de la journée, dans toutes les lumières, quelles soient du dehors ou des lampes allumées dans le jour. Cette solitude réelle du corps devient celle, inviolable, de l'écrit. Je ne parlais de ça à personne. Dans cette période-là de ma première solitude j'avais déjà découvert que c'était écrire qu'il fallait que je fasse. J'en avais déjà été confirmée par Raymond Queneau. Cette phrase : "Ne faites rien d'autre dans la vie que ça, écrire." écrire, c'était ça la seule chose qui peuplait ma vie et qui l'enchantait. Je l'ai fait. L'écriture ne m'a jamais quittée. >>
" Auteur que j'affectionne particulièrement. Très beau livre. "
La
mer est agitée et immense. Les vagues dans un va-et-vient interminable s’en vont dans leur fureur se briser contre les rochers gigantesques dressés devant elles. La mer est belle. Elle sait mes
démons, mes vertiges, le vrai.
Je n'ai pas de plomb
Au fond de la cervelle
Je suis un soldat
Un vrai soldat de plomb
J'ai pas d'opinions
Pourtant je me rappelle
Que l'ennemie paiera
C'est lui qu'aura le plomb.
Moi, je dois tirer
Sur tout ce qui est en face
Patrie, ennemis
La ligne est au milieu
Moi, je dois tirer
Sur les ombres qui passent
Et ça fera du bruit
C'est vrai, c'est presque qu'un jeu.
Je dois obéir
A un homme qui gueule
Il gueule si fort
Qu'il doit avoir raison
Moi, je dois mourir
Et quand je me sens seul
Je chante très très fort
Gloire à notre Nation.
Pour ne plus penser
Car quelques fois je pense
Je me saoule un peu
A tort ou a raison
Et je vais danser
Rien de tel que la danse
C'est dur d'être glorieux
Sans interruption.
Je n'ai pas de plomb
Au fond de la cervelle
Je suis un soldat etc... etc...
Il y aura un rideau velours bordeaux
et un vieux piano noir
Il y aura des fleurs sur toutes les tables
et des nappes de dentelle
Il y aura un parterre de pelouse
et une fontaine d'enfants
Il y aura des regards et des rires
toi tu ne seras pas là
alors j'irai couvrir ta tombe
de toutes les fleurs de toutes les tables
et je tracerai un chemin de pétales jusqu'au ciel
pour un sourire de toi dans un nuage